Qu'est-ce qu'une embolie pulmonaire ?
L’embolie pulmonaire correspond à l’obstruction, brutale et totale ou partielle, d’une ou plusieurs artères pulmonaires par un caillot sanguin, appelé thrombus ou embole.
Ce caillot se forme le plus souvent dans les veines profondes des jambes, un phénomène connu sous le nom de thrombose veineuse profonde (phlébite). Il migre ensuite par la circulation sanguine jusqu’aux poumons, où il vient bloquer un ou plusieurs vaisseaux, empêchant le sang d’être correctement oxygéné.
Cette pathologie est considérée comme une urgence cardio-vasculaire majeure. Sa gravité dépend essentiellement de la taille du caillot, du nombre d’artères touchées et de l’état de santé cardio-respiratoire préexistant du patient.
Une embolie pulmonaire massive peut mettre en jeu le pronostic vital en quelques minutes, tandis qu’une embolie de petite taille peut parfois passer quasiment inaperçue.
Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?
L’embolie pulmonaire est presque toujours la conséquence d’une thrombose veineuse profonde. Plusieurs facteurs augmentent le risque de formation de caillots sanguins, regroupés autour de trois grands mécanismes : la stase veineuse (ralentissement de la circulation), les lésions de la paroi des veines, et une tendance accrue du sang à coaguler.
Les facteurs de risque les plus fréquents
- une immobilisation prolongée : alitement, hospitalisation, plâtre, long voyage en avion ou en voiture
- une intervention chirurgicale récente, en particulier orthopédique ou abdominale
- un cancer actif ou un traitement anticancéreux
- une grossesse et la période post-partum
- la prise d'une contraception œstroprogestative ou d'un traitement hormonal
- l'obésité et le tabagisme
- des antécédents personnels ou familiaux de thrombose ou d'embolie pulmonaire
- certaines maladies héréditaires de la coagulation (thrombophilie)
La présence de plusieurs facteurs de risque simultanés augmente significativement la probabilité de survenue d’un événement thromboembolique.
C’est pourquoi ces éléments sont systématiquement recherchés par les médecins, mais aussi par les assureurs lors de l’étude d’un dossier de santé.
Quels sont les symptômes d'une embolie pulmonaire ?
Les symptômes de l’embolie pulmonaire sont variables et parfois trompeurs, ce qui explique qu’elle soit encore aujourd’hui sous-diagnostiquée.
Certains patients ne présentent que des signes discrets, tandis que d’autres développent un tableau clinique brutal et sévère.
- une douleur thoracique, souvent augmentée par la respiration ou la toux
- un essoufflement d’apparition brutale (dyspnée), y compris au repos
- une toux, parfois accompagnée de crachats teintés de sang
- une accélération du rythme cardiaque (tachycardie)
- des malaises, vertiges, voire une perte de connaissance dans les formes graves
- un gonflement, une douleur ou une rougeur d’un mollet, évocateurs d’une phlébite associée
Comment diagnostique-t-on une embolie pulmonaire ?
Le diagnostic repose sur un faisceau d’éléments cliniques et d’examens complémentaires. Le médecin évalue d’abord la probabilité clinique de la maladie à l’aide de scores validés, en tenant compte des symptômes et des facteurs de risque du patient.
Le dosage des D-dimères
Une prise de sang permet de doser les D-dimères, des marqueurs de dégradation d’un caillot sanguin. Un résultat normal permet, dans certains cas, d’écarter le diagnostic d’embolie pulmonaire sans avoir besoin d’examen d’imagerie supplémentaire.
L'angioscanner thoracique
L’examen de référence pour confirmer une embolie pulmonaire est l’angioscanner thoracique, une forme de scanner avec injection de produit de contraste iodé, qui permet de visualiser directement le ou les caillots dans les artères pulmonaires.
Cet examen, rapide et largement disponible en France, est aujourd’hui l’outil diagnostique de première intention dans la majorité des services d’urgence.
Les autres examens complémentaires
Selon le contexte, le médecin peut également prescrire une échographie cardiaque pour évaluer le retentissement sur le cœur, une échographie-doppler des membres inférieurs à la recherche d’une phlébite, ou encore une scintigraphie pulmonaire de ventilation-perfusion, notamment lorsque l’injection de produit de contraste iodé est contre-indiquée.
Comment traite-t-on une embolie pulmonaire ?
Le traitement de l’embolie pulmonaire repose avant tout sur les anticoagulants, dont l’objectif est d’empêcher l’extension du caillot existant et la formation de nouveaux caillots, le temps que l’organisme le résorbe naturellement.
Le traitement est initié en urgence, le plus souvent par voie injectable puis relayé par des anticoagulants oraux, pour une durée qui varie généralement de trois à six mois, voire plus longtemps en cas de facteur de risque persistant.
Dans les formes les plus graves, associées à une instabilité cardio-vasculaire, un traitement thrombolytique peut être administré afin de dissoudre rapidement le caillot, voire une intervention pour le retirer mécaniquement.
Une hospitalisation est systématique lors du diagnostic initial, sa durée dépendant de la sévérité de l’épisode.
Quelles complications en l'absence de traitement ?
Non traitée, une embolie pulmonaire peut engager le pronostic vital, en particulier lorsqu’elle touche une large portion de la circulation pulmonaire, provoquant une insuffisance cardiaque droite aiguë.
À plus long terme, certains patients développent une hypertension pulmonaire thromboembolique chronique, une complication rare mais sévère qui résulte de la persistance de caillots non résorbés.
C’est pourquoi la prise en charge rapide et le respect scrupuleux du traitement anticoagulant sont essentiels.
Peut-on prévenir une embolie pulmonaire ?
Certaines mesures permettent de réduire le risque de thrombose veineuse et donc d’embolie pulmonaire, en particulier dans les situations à risque identifiées :
- se mobiliser régulièrement lors des voyages longs (marcher, exercices des mollets)
- porter des bas ou chaussettes de contention lors des situations à risque
- bien s’hydrater pendant les longs trajets
- suivre les recommandations médicales de prévention après une chirurgie ou un alitement prolongé
- signaler à son médecin tout antécédent personnel ou familial de thrombose avant une prise de contraception hormonale ou une grossesse
Après un premier épisode, certains patients bénéficient d’un bilan de thrombophilie afin de rechercher une cause favorisante et d’adapter, si besoin, la durée du traitement ou les mesures de prévention futures.
À l’hôpital, la prévention de la thrombose veineuse repose également sur des mesures systématiques chez les patients à risque : mobilisation précoce après une chirurgie, port de bas de contention, et prescription d’un traitement anticoagulant préventif à dose adaptée pendant la durée de l’alitement.
Embolie pulmonaire et assurance : ce qu'il faut savoir
Un antécédent d’embolie pulmonaire doit obligatoirement être déclaré dans le questionnaire de santé lors de la souscription d’une assurance emprunteur, d’une assurance vie ou d’une assurance décès-invalidité.
Cette déclaration permet à l’assureur d’évaluer le risque médical et de déterminer les conditions du contrat : tarif standard, surprime, exclusion de garantie pour un risque spécifique, ou plus rarement refus d’assurance.
L’évaluation du risque par l’assureur tient compte de plusieurs éléments : la cause de l’embolie pulmonaire (événement ponctuel lié à une chirurgie ou une immobilisation, par exemple, versus embolie dite « non provoquée »), l’ancienneté de l’épisode, l’existence de séquelles, le suivi médical actuel et les éventuels facteurs de risque persistants comme le tabagisme ou un excès de poids.
Il est important de rappeler que la loi Lemoine, entrée en vigueur en 2022, a supprimé le questionnaire de santé pour les prêts immobiliers ne dépassant pas 200 000 euros par assuré et remboursés avant les 60 ans de l’emprunteur.
Par ailleurs, la convention AERAS (« s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé ») permet aux personnes présentant un risque aggravé, comme un antécédent d’embolie pulmonaire, de bénéficier d’un examen approfondi de leur dossier et, dans certains cas, d’un accès facilité à l’assurance emprunteur, y compris via un droit à l’oubli applicable à certaines pathologies après un délai déterminé.
Faire appel à un courtier en assurances permet de comparer les grilles tarifaires et les critères d’acceptation de plusieurs compagnies, certaines étant plus favorables que d’autres selon le contexte médical exact de l’antécédent.
Un accompagnement personnalisé aide ainsi à obtenir la couverture la plus adaptée, au meilleur tarif possible, sans jamais omettre d’information dans le questionnaire de santé, une fausse déclaration pouvant entraîner la nullité du contrat.
Concrètement, le courtier constitue un dossier médical détaillé à partir des comptes-rendus d’hospitalisation, des résultats du bilan de thrombophilie le cas échéant, et d’un courrier du médecin traitant précisant l’évolution depuis l’épisode.
Quelle est la différence entre phlébite et embolie pulmonaire ?
La phlébite, ou thrombose veineuse profonde, correspond à la formation d’un caillot dans une veine profonde, le plus souvent au niveau d’un mollet ou d’une cuisse.
Elle se manifeste par une douleur, un gonflement, une chaleur et parfois une rougeur localisés au membre concerné. L’embolie pulmonaire est en réalité la complication directe de cette phlébite : lorsqu’un fragment du caillot se détache et migre par la circulation sanguine jusqu’aux poumons, il provoque l’obstruction d’une artère pulmonaire.
Toutes les phlébites ne se compliquent pas systématiquement d’embolie pulmonaire, mais toute suspicion de phlébite doit être prise au sérieux et faire l’objet d’un avis médical rapide, précisément pour prévenir ce risque de migration du caillot vers les poumons.
Embolie pulmonaire et voyages en avion
Le risque de thrombose veineuse et d’embolie pulmonaire associé aux voyages en avion, parfois appelé « syndrome de la classe économique », est réel mais reste statistiquement faible pour la majorité des voyageurs.
Il augmente avec la durée du vol, généralement à partir de quatre heures d’immobilisation, et surtout en présence d’autres facteurs de risque associés (antécédents personnels, obésité, grossesse, traitement hormonal, chirurgie récente).
Pour les personnes considérées à risque, il est recommandé de demander un avis médical avant un long voyage.
Des mesures simples permettent de limiter ce risque : se lever et marcher régulièrement dans les couloirs de l’avion, effectuer des exercices de flexion des chevilles en position assise, éviter les vêtements trop serrés, bien s’hydrater et limiter la consommation d’alcool pendant le vol.
Embolie pulmonaire et grossesse
La grossesse et la période post-partum constituent des périodes à risque accru de thrombose veineuse et d’embolie pulmonaire, en raison de modifications physiologiques de la coagulation sanguine et d’une compression veineuse liée à l’utérus gravide.
Ce risque, bien que globalement faible en valeur absolue, justifie une vigilance particulière, notamment chez les femmes présentant des facteurs de risque additionnels comme un surpoids, une immobilisation prolongée, des antécédents personnels ou familiaux de thrombose, ou une grossesse multiple.
Dans certaines situations à risque identifiées par le médecin ou la sage-femme, un traitement anticoagulant préventif peut être prescrit pendant la grossesse et/ou après l’accouchement.
Toute douleur au mollet, essoufflement inhabituel ou douleur thoracique pendant cette période doit être signalée sans délai à l’équipe médicale.
La vie après une embolie pulmonaire
La grande majorité des personnes ayant présenté une embolie pulmonaire reprennent une vie normale après la phase de traitement initial.
Un suivi cardiologique ou pneumologique est généralement organisé dans les mois qui suivent l’épisode, afin de vérifier l’absence de séquelles et d’ajuster la durée du traitement anticoagulant si nécessaire.
Certaines précautions restent recommandées au long cours, en particulier la poursuite d’une activité physique régulière et adaptée, le maintien d’un poids de santé, l’arrêt du tabac et une vigilance accrue lors de situations à risque futures, comme une intervention chirurgicale ou un long voyage, qui devront systématiquement être signalées aux professionnels de santé concernés.
L'embolie pulmonaire peut-elle guérir complètement ?
Oui, dans la majorité des cas, un traitement anticoagulant bien conduit permet une résorption complète du caillot et une guérison sans séquelles, en particulier lorsque l’embolie a été diagnostiquée et traitée rapidement.
Quels sont les premiers signes à surveiller ?
Une douleur thoracique associée à un essoufflement brutal, surtout en présence de facteurs de risque (voyage long, chirurgie récente, immobilisation), doit alerter et amener à consulter en urgence.
Combien de temps dure le traitement anticoagulant ?
La durée standard est de trois à six mois, mais elle peut être prolongée, voire indéfinie, en cas de facteur de risque persistant ou de récidive.
Une embolie pulmonaire ancienne doit-elle toujours être déclarée à l'assurance ?
Oui, tout antécédent médical demandé dans le questionnaire de santé doit être déclaré, quelle que soit son ancienneté, sauf application spécifique d’un droit à l’oubli prévu par la convention AERAS pour certaines pathologies.
Un antécédent d'embolie pulmonaire empêche-t-il d'emprunter ?
Non, dans la grande majorité des cas, un antécédent d’embolie pulmonaire n’empêche pas d’obtenir une assurance emprunteur. Il peut en revanche entraîner une surprime ou une exclusion partielle de garantie, d’où l’intérêt de comparer plusieurs assureurs.
Peut-on faire du sport après une embolie pulmonaire ?
Oui, la reprise d’une activité physique est généralement encouragée après la phase aiguë, de façon progressive et sous validation médicale, en particulier pour les sports d’endurance modérée comme la marche ou le vélo.
Quelle différence entre embolie pulmonaire provoquée et non provoquée ?
Une embolie pulmonaire est dite « provoquée » lorsqu’elle survient dans un contexte identifié (chirurgie, immobilisation, grossesse), et « non provoquée » lorsqu’aucune cause déclenchante évidente n’est retrouvée. Cette distinction influence la durée du traitement anticoagulant et l’évaluation du risque de récidive, y compris par les assureurs.
L’embolie pulmonaire est une pathologie sérieuse qui nécessite une prise en charge médicale rapide, mais qui se soigne aujourd’hui efficacement grâce aux traitements anticoagulants.
Au-delà de l’aspect médical, cet antécédent a également des répercussions sur vos contrats d’assurance, en particulier l’assurance emprunteur.



